vendredi 2 décembre 2011

Voici mon analyse systémique du business model de la grande distribution

Voici mon analyse systémique du business model de la grande distribution:

L’approche systémique est un modèle de perception qui nous aide à comprendre le fonctionnement de tout ce qui nous entoure…



Il n’y a que deux natures d’évolution… N’en cherchez pas plus !


Dans la partie théorique de cette approche, nous sommes sensibilisés au fait que tous les comportements sont régis par deux natures d’évolution :



  • Une boucle de renforcement qui s’illustre par un effet amplificateur (comme l’effet boule de neige par exemple)

  • Une boucle de régulation qui s’illustre par un équilibrage des forces autour d’un objectif (objectif au sens systémique du terme, c’est-à-dire un niveau qui régule le système)


A partir de ce petit point théorique, il est facile d’analyser le business model de la grande distribution… Pour cela, il suffit simplement de cerner les boucles de renforcement et d’identifier quelles sont les sources de régulation…


 


Par exemple, quelles sont les boucles de rétroaction qui régissent la grande distribution ?


La grande distribution a la particularité de traiter énormément de volume. Tout son business model repose sur les volumes. De ces volumes dépendent la négociation à l’achat, donc les prix attractifs, donc l’intérêt des consommateurs… Bref + les prix sont bas, + il a de clients + plus il y a de marge de négociation, + les prix sont bas… Ainsi pendant les 40 dernières années, les grandes surfaces ont enregistré de plus en plus de chiffre d’affaires sur ce modèle. On voit maintenant depuis plus de 10 ans que ce modèle a atteint son niveau de régulation quasi maximal puisqu’il devient de plus en plus difficile de réduire les prix et d’attirer toujours plus de consommateurs.


 


Deuxième effet pas cool…


La deuxième régulation se fait au niveau de la consommation puisque nous arrivons à un tel niveau d’équipement et à un tel niveau de maturité des consommateurs que les clients préfèrent mettre d’avantage d’argent dans les produits de télécommunication que dans leur budget de dépenses dans les grandes surfaces.


 


Troisième effet pas cool…


Il y a une troisième boucle de régulation sur le caractère physique des marchandises. La grande majorité des produits vendus dans la grande distribution sont des produits physiques. Cela implique donc une contrainte logistique (place disponible dans les rayons des magasins, dans les entrepôts de stockage, dans la capacité des outils de production…)


 


La boucle de renforcement qui ramasse la mise !


Le business model de l’activité n’est donc plus très sexy aujourd’hui… Heureusement, en parallèle de cette activité première qui consiste à vendre des produits, la grande distribution a développé une activité de vente d’argent. Je m’explique…


Le BFR (Besoin en Fonds de Roulement) a la particularité d’être négatif dans la grande distribution… Et ça, c’est super positif ! ;-D


Le BFR est le montant d’argent dont une entreprise a BESOIN pour financer son activité. Avoir un BFR négatif signifie donc que l’activité de l’entreprise lui permet d’enregistrer des rentrées d’argent sur un produit avant même qu’elle n’en ait à dépenser pour le payer. Comme le consommateur paie immédiatement, que le distributeur ne paie qu’à 60 jours (ce délai de 60 jours est très récent, avant ce délai était bien plus important), et que le distributeur demande au fournisseur de compenser le coût de stockage des marchandises ; le distributeur bénéficie d’une énorme trésorerie qu’il a tout loisir de faire fructifier.


Et faire fructifier de l’argent dans la grande distribution, cela ne signifie pas ouvrir un livret A à 2%… Cela s’illustre davantage par la création d’offres de crédit sous forme de cartes de fidélité qui permettent d’obtenir des rendements qui vont au-delà des 15%… ;-)


Bref, vous l’aurez compris, le BFR négatif des entreprises de la grande distribution leur permet de gagner toujours plus d’argent avec un effort très réduit. Nous sommes donc là dans une boucle de renforcement qui fait de la distribution un business encore très rentable.


 


La régulation de cette boucle de renforcement


Mais, malheureusement pour la grande distribution, là encore son business model approche son niveau de régulation.


Pour commencer, les pouvoirs publics cherchent à imposer les mesures nécessaires pour contrebalancer le pouvoir de négociation des distributeurs. La réduction légale du délai de paiement des fournisseurs à 60 jours en est un bon exemple.


Par ailleurs, les ménages qui faisaient les plus appel à ses crédits, rencontrent de plus en plus de difficultés pour les rembourser. Sans compter la mauvaise pub faite aux crédits suite à la crise des subprimes…


Je vois l’avenir de la grande distribution dans ma boule de cristal systémique… ;-)


Bref, par le volume d’argent qu’il génère et son positionnement historique, le business model de la grande distribution reste rentable, mais ça n’est certainement pas un business model d’avenir, du moins en l’état !


 


Et vous quelles sont les boucles de renforcement et les boucles de régulation du business model de votre entreprise ? ;-)




vendredi 18 novembre 2011

L’amélioration de la communication avec le citoyen, priorité de l’après révolution

L’instauration d’un dialogue authentique avec les citoyens et une meilleure prise en considération de leurs attentes et préoccupations doivent inéluctablement constituer une composante essentielle de la politique communale en matière de gouvernance locale. La relation commune-citoyens mérite plus d’attention, plus de transparence et plus de rationalité.

En effet, malgré l’existence d’un certain nombre de dispositifs législatifs et règlementaires régissant la communication et la participation de la société civile et les efforts fournis par certains en vue d’améliorer la relation commune-citoyens, cette dernière n’était pas toujours jugée efficace. Pendant des années, plusieurs défaillances ont caractérisé cette relation dont notamment :

- L’absence de structures chargées de la communication dans la plupart des communes tunisiennes ;

- Le manque de stratégies et de plans de communication ;

- L’absence d’une connaissance réelle du comportement des citoyens vis-à-vis des services communaux. On se base sur des habitudes et des usages plutôt que sur des études et une connaissance rationnelle ;

- Développement d’une mentalité « négative » à l’encontre du citoyen tunisien : manque de conscience civique, individualisme, pas d’esprit communautaire…

- Une faible implication réelle du citoyen aux programmes de développement de la commune;

- Les comités de quartier ne semblent pas jouer un rôle dynamique dans le soutien aux efforts de la municipalité, même si certaines de ces structures sont actives et agissent avec célérité, le plus souvent, en partenariat avec la municipalité.

- Manque de confiance entre l’administration communale et le citoyen qui est expliqué par notamment la non communication sur la mission, le rôle et les contraintes de la commune ;

- Etc.

Des défaillances conjuguées ont eu pour conséquences un blocage et une rupture de la communication entre les citoyens et l’administration communale.

Après la révolution du peuple tunisien et en vue de l’instauration d’une véritable gouvernance locale, la communication de la commune avec la société civile et notamment les citoyens devrait se reposer sur trois piliers :

· L’information : informer les citoyens sur les activités, les programmes et les projets de développement retenus pour la commune ;

· l’écoute: Développer l’écoute active des citoyens et tenir compte de leurs points de vue et préoccupations;

· l’établissement de contacts au niveau local: organiser des consultations des citoyens et les faire participer selon de nouvelles méthodes qui rompent avec les anciennes méthodes basées sur un comportement de défense de la part de l’administration et des élus.

La mise en œuvre se déroule en trois phases:

· Etablir un diagnostic de la situation existante :

- Identifier ce qui caractérise la commune, tout ce qui permet à la ville d’exister et de se distinguer en tant qu’entité : son histoire, sa situation géographique, ses actions culturelles, ses relations avec les acteurs économiques et sociaux de la région, caractéristiques de ses habitants, sa situation politique, son budget, ses dispositifs éducatifs…

- Procéder à une analyse des données recueillies. Cette analyse permet de positionner la ville dans un contexte social, culturel et économique. Elle permet de relever les points forts et les points faibles, de dégager les opportunités et les contraintes qui caractérisent l’environnement de la commune et arrêter les mesures nécessaires.

· Elaborer un plan d’action qui définit la vision en matière de communication avec tous acteurs : Citoyens, associations, représentations locales de l’administration...et précise les mesures concrètes à introduire au sein de la commune;

· Mettre en œuvre le plan d’action et veiller à un suivi rigoureux de sa mise en œuvre en procédant à son actualisation compte tenu des problèmes pouvant apparaitre en cours de mise en œuvre.