vendredi 18 novembre 2011

L’amélioration de la communication avec le citoyen, priorité de l’après révolution

L’instauration d’un dialogue authentique avec les citoyens et une meilleure prise en considération de leurs attentes et préoccupations doivent inéluctablement constituer une composante essentielle de la politique communale en matière de gouvernance locale. La relation commune-citoyens mérite plus d’attention, plus de transparence et plus de rationalité.

En effet, malgré l’existence d’un certain nombre de dispositifs législatifs et règlementaires régissant la communication et la participation de la société civile et les efforts fournis par certains en vue d’améliorer la relation commune-citoyens, cette dernière n’était pas toujours jugée efficace. Pendant des années, plusieurs défaillances ont caractérisé cette relation dont notamment :

- L’absence de structures chargées de la communication dans la plupart des communes tunisiennes ;

- Le manque de stratégies et de plans de communication ;

- L’absence d’une connaissance réelle du comportement des citoyens vis-à-vis des services communaux. On se base sur des habitudes et des usages plutôt que sur des études et une connaissance rationnelle ;

- Développement d’une mentalité « négative » à l’encontre du citoyen tunisien : manque de conscience civique, individualisme, pas d’esprit communautaire…

- Une faible implication réelle du citoyen aux programmes de développement de la commune;

- Les comités de quartier ne semblent pas jouer un rôle dynamique dans le soutien aux efforts de la municipalité, même si certaines de ces structures sont actives et agissent avec célérité, le plus souvent, en partenariat avec la municipalité.

- Manque de confiance entre l’administration communale et le citoyen qui est expliqué par notamment la non communication sur la mission, le rôle et les contraintes de la commune ;

- Etc.

Des défaillances conjuguées ont eu pour conséquences un blocage et une rupture de la communication entre les citoyens et l’administration communale.

Après la révolution du peuple tunisien et en vue de l’instauration d’une véritable gouvernance locale, la communication de la commune avec la société civile et notamment les citoyens devrait se reposer sur trois piliers :

· L’information : informer les citoyens sur les activités, les programmes et les projets de développement retenus pour la commune ;

· l’écoute: Développer l’écoute active des citoyens et tenir compte de leurs points de vue et préoccupations;

· l’établissement de contacts au niveau local: organiser des consultations des citoyens et les faire participer selon de nouvelles méthodes qui rompent avec les anciennes méthodes basées sur un comportement de défense de la part de l’administration et des élus.

La mise en œuvre se déroule en trois phases:

· Etablir un diagnostic de la situation existante :

- Identifier ce qui caractérise la commune, tout ce qui permet à la ville d’exister et de se distinguer en tant qu’entité : son histoire, sa situation géographique, ses actions culturelles, ses relations avec les acteurs économiques et sociaux de la région, caractéristiques de ses habitants, sa situation politique, son budget, ses dispositifs éducatifs…

- Procéder à une analyse des données recueillies. Cette analyse permet de positionner la ville dans un contexte social, culturel et économique. Elle permet de relever les points forts et les points faibles, de dégager les opportunités et les contraintes qui caractérisent l’environnement de la commune et arrêter les mesures nécessaires.

· Elaborer un plan d’action qui définit la vision en matière de communication avec tous acteurs : Citoyens, associations, représentations locales de l’administration...et précise les mesures concrètes à introduire au sein de la commune;

· Mettre en œuvre le plan d’action et veiller à un suivi rigoureux de sa mise en œuvre en procédant à son actualisation compte tenu des problèmes pouvant apparaitre en cours de mise en œuvre.